Yaoundé, 2026. Les enfants guettent les passants pour faire la manche
En ce 12 avril, journée mondiale des enfants de la rue, focus sur deux trajectoires qui illustrent des réalités complexes au Cameroun : survivre dehors et fuir pour se reconstruire.
A Yaoundé, ils sont visibles sans vraiment l’être. Aux carrefours, sous les toitures des boutiques fermées, dans les marchés avant le lever du soleil. Said, 13 ans, dort a même le sol du marché Mvog-mbi depuis la mort de ses parents. « Au début je pensais que quelqu’un allait venir me chercher. Après, j’ai compris que je devrais me débrouiller seul » confie-t-il, un sac plastique pour seul bagage. Il vit de petits travaux et de mendicité. Comme beaucoup d’enfants de la rue, il est exposé a la violence, a la famine et a la drogue.
Fuir la violence
A quelques kilomètres de la Marianne, 12 ans, a connu une autre forme de rupture. Elle a fui les violences sexuelles de son père. « Je voulais que mon père arrête de me faire ces choses la ». Recueillie par un orphelinat, elle a repris le chemin de l’école. » On me traite mieux dans cet orphelinat. Plus grande je souhaite devenir infirmière ». Son parcours rappelle que la rue est une fuite des troubles familiaux.
Des politiques ciblées
Selon le sociologue Jean Mbarga : » les enfants de la rue ne forment pas un groupe homogène. il y a ceux qui vivent complètement dehors et ceux qui alternent entre rue et structures d’accueil. Mais tous partagent une rupture de protection familiale ». Pour mettre fin au problème, il insiste sur la nécessité de politique publiques ciblées : prévention des violences, soutien aux familles.
Au Cameroun comme ailleurs, la problématique des enfants de la rue reste un enjeu social majeur. Derrière les statistiques, il y a des visages et des histoires. Said et Marianne rappellent que la trajectoire des enfants peut basculer du jour au lendemain.
